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Paulo Coelho et son œuvre

Barcelone 12/O7/O6

Quelles motivations avez-vous pour continuer à écrire ?

Coelho – Maintenant c’est mon rêve, en réalité j’aurais pu cesser d’écrire depuis un certain temps, depuis des années, si je le faisais pour une autre raison que mon rêve. Mais je me suis proposé d’être un écrivain, chaque nouveau livre est un nouveau défi, avec les mêmes angoisses, les mêmes... la même excitation que le premier livre, et c’est ce qui donne une justification à ma vie. En réalité un écrivain n’est pas quelqu’un qui parvient à un certain point, c’est quelqu’un pour qui le prochain livre est toujours un défi.

Pensez-vous que votre origine brésilienne se reflète dans le mélange culturel présent dans vos ouvrages ?

Coelho – Sans aucun doute, Maria. Je pense que si je n’étais pas brésilien, je ne serais pas capable d’écrire ce que j’écris, parce que le Brésil... a très bien su diviser, ou plutôt en finir avec cette division entre l’imaginaire et le réel, mettre fin à la muraille qui les sépare. Nous autres Brésiliens, nous mélangeons tout, la réalité physique et la réalité non physique. Par exemple, ici dans cette salle, il existe une réalité physique, que nous pouvons toucher, mais il existe aussi des émotions, que l’on ne peut pas toucher mais qui parfois produisent des interférences merveilleuses. Alors, dans ce cas, au Brésil on parvient à tout mélanger, et dans mes livres, ma réalité physique ou si je puis dire visible, elle se mêle à l’autre réalité, celle qui est invisible mais qui interfère beaucoup aussi, ou peut-être même davantage, dans notre vie.

Qu’est-ce qui inspire votre écriture ? Une personne, une information, un lieu, une situation ?

Coelho – Eh bien, Mónica, c’est une question à laquelle il est très difficile de répondre, car ce qui m’inspire, c’est la vie, très souvent ce sont de petits détails, auxquels tu ne prêtes pas attention sur le moment et qui plus tard reviennent de toute leur force, comme s’ils s’étaient condensés dans la pensée. Alors, pour donner un exemple, dans « Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré », ce qui m’a inspiré, ce fut un contact avec ce côté féminin. « Verónika décide de mourir », c’est un peu mon passé, mais ce sont aussi mes lecteurs, la rencontre avec les lecteurs et le fait de voir que, malgré tout l’enthousiasme de vivre une nouvelle vie, ils se sentaient... sans force pour lutter pour cette nouvelle vie et… dans le livre, tu vois de petits détails que parfois tu as vécus, et auxquels sur le moment tu n’as pas prêté attention ; je me souviens du « Zahir », par exemple, un jour où je me trouvais seul à Genève, un dîner a été annulé, c’était d’un ennui, mince, je suis là tout seul, ressentant cette solitude, et c’est devenu deux ou trois pages du « Zahir » ; dans le « Zahir » également, la visite à la cathédrale de Vitória, où je me suis rendu parce que je suis enthousiasmé par les gens qui… font leur travail avec amour, je ne pouvais pas imaginer que cette visite finirait par donner aussi deux ou trois pages du « Zahir ». Alors, si je pouvais résumer ce qui m’inspire, c’est le contact avec l’être humain. Dans l’isolement, rien n’avance, tu peux faire de grandes réflexions mais tu n’as pas cette énergie humaine, mais là, à partir de là, ce contact avec l’être humain provoque chez moi certaines questions.

Vos ouvrages sont-ils autobiographiques ?

Coelho – Gládis, les ouvrages ne sont pas nécessairement autobiographiques, ils ont comme référence une expérience, c’est évident, personne ne peut rien tirer du néant. Alors… je donne un exemple, « L’Alchimiste » : je n’ai jamais été berger, je... enfin, j’ai écrit au sujet d’un berger en quête d’un trésor. Maintenant, c’est un ouvrage métaphorique qui concerne ma propre vie, si tu dis autobiographique, ce n’est pas nécessairement que ma vie est mise dans le livre, mais qu’il a comme référence ma propre quête. Et pas seulement dans « L’Alchimiste », tous mes livres concernent ce sujet.

De tous les livres que vous avez écrits, quel est celui dont vous êtes le plus fier ?

Coelho – Cristiana, c’est comme les enfants, tu n’aimes pas l’un plus que l’autre, au moment de concevoir un livre, tu y mets le meilleur de toi. Tout ce que tu as, ton amour, tes questions, enfin ta vision de l’univers, à ce moment-là, tu mets le meilleur de toi ; et ce qui est bon c’est que mon premier livre, « Le Pèlerin de Compostelle », bien qu’il ait été lancé il y a vingt ans – comme mes livres n’ont pas d’ordre chronologique, ils ne suivent pas le même ordre qu’au Brésil –, est lancé depuis peu, par exemple, il vient de sortir en Russie, dans un autre pays vient de sortir « Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré », dans le troisième est sorti le « Manuel du guerrier de la lumière », alors je suis toujours obligé de réfléchir sur tout mon travail, pas seulement sur le lancement le plus récent, et ce qui me réjouit, c’est que je suis profondément fier de tout mon travail, c’est-à-dire que je peux parler d’un livre qui est sorti il y a vingt, quinze, dix-sept ans, avec le même enthousiasme que je parlerais d’un livre qui sort aujourd’hui.

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Le grand problème d’Athéna, c’est qu’elle était la femme du XXIIe, alors qu’elle vivait au XXIe – et qu’elle permettait à tous de le voir. L’a-t-elle payé ? Sans doute. Mais elle aurait été amère, frustrée, toujours inquiète de « ce que les autres vont penser », disant toujours « laisse-moi résoudre d’abord ces problèmes, ensuite je me consacrerai à mon rêve », se plaignant sans cesse que « les conditions idéales ne se présentent jamais ».

Deidre O’Neill, connue sous le nom d’Edda  

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